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NOTRE DEPUTE JP DUFREGNE :

Le député de l'Allier Jean-Paul Dufrègne travaille sur la loi de finances 2019 : « Ce sera un budget d'injustices »

Le député Jean-Paul Dufrègne, membre de la commission des finances, attaque une période chargée au Parlement, avec le travail sur la loi de finances 2019.

Sur sa table, plusieurs dossiers, en cette rentrée chargée. Lourds, très lourds : entre autres, la loi Pacte, le futur budget de l’État. Le député de la première circonscription, membre du groupe GDR (Gauche démocrate et républicaine), Jean-Paul Dufrègne, évoque son travail, au Parlement, et dans sa circonscription.

Quels sont les plus gros dossiers sur lesquels vous planchez actuellement au Parlement ?

D’abord, il y a la loi Pacte [Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises] que nous examinons actuellement au Parlement. Ce projet apporte beaucoup de questions de fond, comme la privatisation d’entreprises emblématiques de la France, comme la Française des jeux, les Aéroports de Paris. Ou encore, la suppression du caractère obligatoire du stage à la création d’entreprise. Au sein de mon groupe, on s’est opposé à cette suppression, ce stage nous paraît indispensable pour débuter un réseau, découvrir les aspects comptables et réglementaires. Sur les 2.000 amendements déposés, une centaine l’ont été par mon groupe. C’est un vrai marathon, alors on se relaie avec les députés de mon groupe pour pouvoir continuer à être présents sur nos territoires.

Et il y a bien sûr le budget 2019, pour vous qui êtes membre de la commission des finances...

La présentation nous a été faite lundi 24 septembre. Nous avons disposé d’un délai de deux semaines pour déposer des amendements. Je ferai une intervention pour demander une motion de renvoi en commission, lundi 15 octobre. Le travail sur le prochain budget sera très lourd jusqu’au 20 décembre, avec beaucoup d’auditions, un emploi du temps serré. Le projet de loi de finances aborde tous les sujets, comme celui de la Sécurité sociale. Nous travaillons aussi avec les commissions des affaires étrangères, économiques…

« Ce budget nous inquiète. Le budget de l’agriculture devrait passer de 3,18 milliards à 2,88 milliards. Celui de la Cohésion sociale, de 17,22 milliards à 15,65 milliards. Ce sont des signes négatifs »

JEAN-PAUL DUFRÈGNE (Député membre du groupe GDR)

Quel est votre état d’esprit vis-à-vis de ce budget ? Ce budget nous inquiète. Le budget de l’agriculture devrait passer de 3,18 milliards à 2,88 milliards. Celui de la Cohésion sociale, de 17,22 milliards à 15,65 milliards. Ce sont des signes négatifs. Il y a une petite hausse des budgets de l’intérieur, de la défense, de la justice, mais c’est loin de compenser ces coupes sombres. Nous sommes toujours dans un dogme de baisse des dépenses publiques. On ne va revaloriser que de 0,3 % les pensions de retraite, les aides aux familles, on gèle les indices de la fonction publique et dans le même temps, ceux qui payent l’ISF reçoivent des cadeaux assez somptueux. C’est un budget d’injustices.

Ce travail, très accaparant, et qui vous retient à Paris jusqu’à quatre jours par semaine, vous passionne-t-il ?

J’ai longtemps été un élu local. Bien sûr, je n’étais pas vierge des méandres de la vie parlementaire, mais j’en méconnaissais certains aspects. Ce travail est passionnant. Ce qui est assez frustrant, c’est de ne pas pouvoir choisir de s’investir dans un sujet particulier. De plus, certaines réunions se télescopent. Ça va très vite, sans doute trop vite. On se retrouve avec des projets de loi qu’on n’a pas toujours le temps d’étudier, malgré le travail de synthèse réalisé par les collaborateurs du groupe.

Vous avez réagi sur les réseaux sociaux à la démission de Nicolas Hulot. L’environnement est une de vos préoccupations ?

Oui. Je pense qu’il y a des contradictions un peu fortes entre les décisions qui sont prises et les enjeux. La fiscalité punitive ne peut pas être une réponse à moyen et long terme. Le prix du carburant ne peut pas être pensé que par ce prisme, sinon on va supprimer une partie du pays. Dans mon village, à Saint-Menoux, un nouveau quartier a été aménagé. Il reste quelques lots à vendre. Depuis 18 mois, pas un seul n’a été vendu. Car un couple, aujourd’hui, fait ses comptes. On dit prime au transport, au vélo électrique, mais on n’imagine pas venir à Moulins à vélo ! C’est encore un raisonnement d’urbains. Ces questions vont impacter très rapidement les villages.

« Aujourd’hui la pensée est urbaine et cela imprègne les décisions »

JEAN-PAUL DUFRÈGNE (Député membre du groupe GDR)

Vous vous êtes fait le porte-voix de la ruralité, au sein de l’Association sociale des nouvelles ruralités, aujourd’hui présidée par le nivernais Patrice Joly. Maintenant que vous siégez à l’Assemblée, cela vous donne-t-il plus de poids ? Je travaille en transversalité sur ces questions avec Matthieu Orphelin, un proche de Nicolas Hulot. L’augmentation des prix pour générer des recettes pour l’Etat n’est plus possible, à terme ! Il y a des outils qui permettraient des avancées, comme la transformation du CICE (Crédit d’impôt compétitivité emploi) en baisse des cotisations sociales, sans contrepartie, mais nous ne sommes pas majoritaires pour porter ces questions. Les crédits à la rénovation énergétique de l’habitat vont être divisés par deux, alors qu’il faut lutter contre ces passoires énergétiques?! Aujourd’hui la pensée est urbaine et cela imprègne les décisions. Je suis sidéré que les ruralités soient considérées comme un espace de ressourcement, mais pas de vie, de production.

Autre préoccupation du moment, la sécheresse que subissent les agriculteurs, notamment dans l’Allier. Que faites vous pour relayer ces inquiétudes à Paris ?

’ai posé une question au ministre de l’Agriculture,  Stéphane Travert, mardi dernier, pour demander le débloquement rapide d’aides, alors que les agriculteurs souffrent, du fait de restes de fourrages faibles, de trésoreries fragiles.  La spéculation fait grimper les prix des fourrages à des niveaux jamais atteints. Pour renforcer le poids de l’instruction de reconnaissance de calamité agricole, j'ai parallèlement invité, début septembre, les maires de ma circonscription à délibérer pour appuyer ce dossier, ce que de nombreuses mairies ont déjà fait.

« Je suis un député qui souhaite que son département relève certains défis »

JEAN-PAUL DUFRÈGNE (Député membre du groupe GDR)

Vous avez suivi attentivement les États généraux de l’alimentation, organisés par le gouvernement…

Les agriculteurs étaient séduits, car on leur disait qu’on allait payer le prix des produits en fonction des prix de production, avec des prix rémunérateurs. Aujourd’hui il y a une forme de désillusion, le doute s’est installé. On parle d’importer du lait de Nouvelle-Zélande, alors qu’on a tout sur place ! Au niveau du bilan carbone, c’est fou.

Vous êtes monté au créneau, un sujet du rachat de terres agricoles par un groupe chinois. Avez-vous été entendu ?

Une mission foncier a été installée à l’Assemblée nationale, qui travaille sur cette question en réalisant de nombreuses auditions. Début 2019, cela devrait déboucher sur un projet de loi qui pourrait arriver au Parlement au premier semestre 2019. Elle travaille aussi sur la place du foncier dans la production agricole, des mesures pour faciliter l’installation de jeunes agriculteurs.

Vous impliquez-vous dans les élections à la Chambre d’agriculture, prévues fin 2018 ?

J’espère que les agriculteurs les plus proches de ma conception se regrouperont, pour porter un vrai projet de développement. Je suis un député qui souhaite que son département relève certains défis, comme celui d’une agriculture capable de se transformer pour répondre aux besoins exprimés par les consommateurs. Il ne faut pas que le lien se rompe…

Jean-Paul Dufrègne, dans sa permanence, à Moulins.

Où en êtes vous des ateliers législatifs de circonscription, que vous avez lancés sur quatre thèmes : habiter, travailler, vivre sur un territoire et la santé ?

Il y a eu 16 réunions. Cet été, un étudiant de Sciences po a travaillé sur la synthèse. Cette restitution sera pour moi un outil pour sensibiliser la majorité actuelle sur la question de la ruralité. Hollande s’est emparé trop tard de ces questions, il a reçu l’association des Nouvelles ruralités un mois avant son départ. Ce n’est pas la tasse de thé du gouvernement Macron, mais je sens une meilleure compréhension du Premier ministre. La question de la santé avec le vieillissement de la population, qui engendre de nouveaux besoins, est prioritaire.

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