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ACTIONS DES INFIRMIERES !

Mardi, les infirmières prennent le relais...

Trente ans après les grandes grèves de 1988, une partie des 660.000 soignants seront à nouveau dans la rue ensemble cette semaine. Cela fait deux ans que des luttes multiples sont présentes dans les hôpitaux. Beaucoup de soignants attendaient, voire espéraient dans le fameux plan Macron sur la santé, elles et ils sont très déçus par son vide voire pire par le tour de vis austéritaire que s'apprêtent à donner le pouvoir. Alors une partie d'entre eux notamment les infirmières ont décidé de descendre dans la rue.

Elles aussi, elles ont joué du klaxon hier. Un tour de chauffe avant la grande mobilisation unitaire de mardi pour dénoncer des conditions de travail sans cesse plus éreintantes dans le secteur public et privé. Les 120.000 infirmières libérales, à la différence d’autres corporations, ne bénéficient d’aucune compensation à la
hausse du carburant. Et leur salaire, dépassant rarement les 2.000 euros, devient trop maigre pour absorber ces surcoûts. De ça, il sera aussi question dans les cortèges.

De ces primes de nuit à l’hôpital, bloquées à 1,07 euro brut de l’heure, soit à peine 9 euros pour neuf heures de boulot. De celles du week-end limitées à 50 euros brut. Des miettes, alors que les patients à prendre en charge sont de plus en plus nombreux, que les maladies chroniques s’envolent et que les contraintes budgétaires les mettent sur la corde raide.

« On est sur un fil tout le temps, on n’en peut plus », témoigne Nathalie Depoire, présidente de la Coordination nationale infirmière (CNI), un des principaux syndicats. « Je suis infirmière et pas manutentionnaire, même si ma paie pourrait faire croire le contraire », écrit l’une d’entre elles dans une lettre ouverte diffusée sur Twitter.

Après des relations plutôt fraîches avec Marisol Touraine, ministre de la Santé sous Hollande, la présentation mi-septembre du Plan santé 2022 était très attendue. Dans la foulée des élections législatives, huit députés issus de la profession avaient fait leur entrée au Palais-Bourbon, qui auraient pu faire office de caisses de résonance. Las, les 660.000 blouses blanches ont déchanté. « Ce plan est technocratique, il ne correspond pas aux besoins », déplore Bernadette Fabregas.

Ce qui a déclenché leur exaspération ? La création de 4.000 postes d’assistants médicaux pour épauler les médecins libéraux. Les soignants, que le président de la République dans son discours avait pourtant remerciés pour « leur dévouement », y ont vu une attaque en règle. "C’est une provocation ! " s’insurge Nathalie Depoire. " S’il y a un acteur de santé sur lequel l’État doit s’appuyer, c’est nous ! "

Dure à avaler également, la possibilité pour les pharmaciens de réaliser certains vaccins, comme celui contre la grippe, et des soins particuliers liés à des maladies chroniques. « Au lieu de valoriser nos compétences, le gouvernement les dispatche », pointe Bernadette Fabregas.

Un sentiment d’abandon nourri aussi par des effectifs sous pression. Dans les hôpitaux, le taux d’absentéisme oscille entre 8 et 10 %. Pour boucher les trous, on
recourt à l’intérim, là où c’est indispensable, par exemple au bloc opératoire. Et pas ailleurs, pour ne pas faire plonger les budgets. Les fournitures sont données au compte gouttes. « On en arrive même à compter les feuilles de papier pour s’essuyer les mains », s’étrangle une infirmière. Résultat, les jeunes boudent les formations, alors que le concours d’entrée disparaîtra en 2019 avec l’intégration dans Parcoursup et la mastérisation des études.

Trente ans après les grandes grèves de 1988, qui avaient bloqué les hôpitaux durant sept mois, rien n’a changé. Il va falloir remettre ça et cette fois en étant solidaires entre tous les soignants pour obtenir ce qu'il faut pour que l'hôpital redevienne un lieu de soins sécurisé, c'est à dire des emplois en grand nombre, une revalorisation du métier avec de bons salaires et des formations.

C'est ce que proposent les parlementaires communistes avec leur plan d'urgence visant la création de 100 000 emplois dans les hôpitaux, et 25 000 dans les EHPAD, un grand plan de formation. Avec un financement prélevé sur la cotisation sociale patronale augmentée de 0.5% (hors TPE).

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