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PRIVATISATION DES BARRAGES : LE FILM A VOIR !

Le barrage de Serre-Ponçon (Hautes-Alpes). / © AFP PHOTO/JOEL SAGET

Emission de la 3 : Barrages hydroélectriques : l'Etat va-t-il y perdre son énergie ?

Le film

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/emissions/qui-sommes-nous/barrages-hydroelectriques-etat-va-t-il-y-perdre-son-energie-1871858.html

 

Les trois auteurs du film

Les trois auteurs du film

La résistance s’organise autour du projet d’ouverture au privé de la gestion des barrages hydroélectriques en France. Le documentaire "Barrage sans concession(s)" décrypte les enjeux de ce projet. Un film de la collection "Les désobéissants" que France 3 vous invite à regarder ici.

Par Françoise Boissonnat 

Peu de gens le savent mais l’Etat veut mettre en concurrence la gestion de 150 barrages hydroélectriques (les plus grands) dont la concession d’EDF arrive à terme. Et comme EDF n’est plus une entreprise publique depuis 2004, ses concessions ne sont plus renouvelées automatiquement. Elles doivent, conformément à la loi française, s’inscrire dans un appel d’offres. Alors, depuis plus de 10 ans, Bruxelles fait pression sur Paris pour en finir avec la gestion publique de l’hydroélectrique. Une exigence à laquelle l’actuel gouvernement a répondu favorablement en 2018. Une décision lourde de conséquences...

Vous avez aimé les autoroutes ? Vous allez adorer les barrages ! 

L’hydroélectrique, première source d’énergie renouvelable, fournit plus de 12% de la production nationale d’électricité. Les barrages sont le seul outil de stockage de l’électricité mobilisable à tout moment puisque pour réguler la production il suffit d’ouvrir ou de fermer les vannes. Ils emploient plus de 20 000 personnes, génèrent 2,5 milliards d'euros par an d’excédent dont la moitié revient aux collectivités territoriales. Bénéfice net pour l’Etat : 1,25 milliards d’euros.

De quoi attiser les convoitises des opérateurs français et étrangers. Et de quoi agacer les opposants au projet de plus en plus nombreux dans les populations et chez les politiques tous bords confondus. Pour Delphine Batho, députée, ex-ministre de l’écologie, et qui en son temps s’est opposée à la mise en concurrence : "Les loobys sont à la manœuvre pour faire main basse sur la rente hydraulique" et Marie-Noëlle Battistel, députée PS de l’Isère et spécialiste du sujet de renchérir "Le gouvernement doit protéger l’hydroélectricité et la mettre à l’abri des appétits marchands. C’est une question de souveraineté énergétique" soutenue en ce sens par le gaulliste Julien Aubert "Les barrages sont ni de droite, ni de gauche. Ils sont d’intérêt stratégique. Le gouvernement doit aller au bras de fer avec Bruxelles".

Faire turbiner les profits

L’Europe de l’énergie est sur les rangs pour se payer quelques-uns des plus gros barrages français : le norvégien Stakraft, le suédois Vattenfall, l’allemand Eon, l’italien Enel. Les chinois du groupe "Trois gorges" sont aussi en embuscade. En France, Engie et "Total qui s’intéresse de très près aux énergies renouvelables" selon les syndicats. "La France pourrait tout à fait légiférer" précise la CGT. C’est d’ailleurs ce que demande une bonne centaine de députés aujourd’hui : placer l’hydraulique français sous le régime protecteur des services d’intérêt économique général, comme autorisé par les traités européens. Car l’hydraulique ce n’est pas seulement de la production électrique. C’est aussi la sureté des barrages, l’aménagement du territoire, la gestion de l’eau essentielle aujourd’hui.

Toutes ces questions sont abordées dans "Barrages sans concession(s)" de Pierre-Yves Hamptzoumian, Carole Mangold et Sandrine Boucher. Le film dresse un état des lieux de la résistance qui s’organise autour du projet de mise en concurrence des barrages. Un documentaire très fourni. Un documentaire lanceur d’alerte.

La parole des auteurs

Sandrine Boucher, journaliste, l’enquêtrice du documentaire : "Ce qui est incroyable avec ce sujet c’est qu’il est majeur et qu’il passe quasi complètement inaperçu. Au fil de l’enquête et des rencontres, ça a permis aussi d’apporter des nuances dans les propos. Mais en tout cas  ça vaut le coup de se poser et de poser les questions sur ce que l’on veut énergétiquement parlant pour l’avenir. Ce n’est pas un film d’expert. C’est un film citoyen".

Carole Mangold, productrice et co-réalisatrice : "Le film permet d’alerter et de ce côté-là, on a fait le taf. Si pour une fois on peut mettre la lumière sur une gabegie, une incohérence avant qu’elle ne se fasse alors tant mieux."

Pierre-Yves Hampartzoumian, réalisateur : "L’idée c’est vraiment de donner à savoir sur ce qui se passe autour de ce projet de mise en concession. Pour ma part, je pense que c’est une escroquerie encore plus forte que celle des autoroutes. Partisan ? Oui si on s’intéresse à l’avenir..."

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