Le blog des progressistes

UNE NOUVELLE ECOLE PRIVEE à PARAY

               Fidèle...

 

En pleine bataille parlementaire sur les retraites, avec une détermination qui s'affirme dans les manifestations successives contre ce projet, reflet de l'opposition de  71% des Français à cette réforme injuste, la plus brutale des pays européens, le Député Nesme, défenseur des valeurs traditionnelles de la famille, porte-parole du lobby de l'enseignement privé, pourfendeur de l' Ecole de la République et du service public d'éducation a encore frappé avec son gadget préféré : le dépôt d'une question écrite au ministère de l'éducation nationale (n°87859 du 14 Septembre 2010).

 Prévue en 2009, l'ouverture d'une écoles locaux  privée indépendante, hors contrat, à Paray le Monial, dans les locaux de l'ancienne pizzeria située route de St Yan s'est concrétisée en septembre dernier.  Elle a obtenu l'aval bienveillant du député-Maire de Paray qui s'est publiquement réjoui d'une telle implantation.  Cette structure privée a été créé à l'initiative d'un groupe de parents, issus du milieu catholique, estimant que, pas plus les établissements privés catholiques sous contrat d'association (1) avec l'Etat (une pierre dans le jardin de l'école Jeanne d'Arc...), n'offraient de liberté de choix concernant les méthodes pédagogiques et éducatives, ils ont ainsi décidé de déscolariser leurs enfants pour leur offrir une méthode d'enseignement adaptée  à leur besoins (et plus dignes d'eux sans doute...) Source  : Le journal de Saône et Loire du 15 Juillet 2010 (1) Etablissement dont les enseignants sont rémunérés par l'Etat en contrepartie du respect des programmes. La méthode Montessori préconisée a été mise en pratique depuis les années 1900.  Les travaux précurseurs de cette pédagogue laïque ont été prolongés par d'autres mouvements pédagogiques de "l'Education Nouvelle" initiés par Claparède, Cousinet, Decroly, Ferrière, Freinet... Principe fondateurs, bien connus des éducateurs, beaucoup de leurs apports sont devenus aujourd'hui des acquis, appliqués dans les méthodes pédagogiques en vigueur... En consultant son site internet, cet établissement est devenu "Ecole Lubienska", une association loi 1901: "HL2L" abrégé d'  "Association Hélène  Lubienska de Lenval", est à l'origine de sa création.  Cette pédagogue, amie et disciple de Maria Montessori a développé les idées de cette dernière, en allant bien au-delà, particulièrement dans le domaine de la pédagogie religieuse avec une bibliographie édifiante : L'éducation biblique (1949), L'univers biblique où nous vivons (1959)..., confirmant le caractère propre de cette école.  Dans ce contexte très particulier, évoquant les résultats probants de ces écoles (460 établissements hors contrat au niveau national scolarisant moins de 1% des élèves), la demande du député porte sur l'aide que l'Etat pourrait apporter aux écoles Montessori/lubienska qui éprouvent de grandes difficultés financières, en les faisant entrer dans la catégorie des établissements privés sous contrat.  Pour une école de ce type,  le minimum légal requis pour solliciter un contrat d'association avec l'Etat est en principe de cinq ans d'existence. Certaines écoles font le choix de rester indépendante, c'est le cas de celles fondées par des parents membres de congrégations comme  l"Emmanuel", pour pouvoir transmettre leurs valeurs religieuses.   Quant il compatit au sort des familles qui supportent seules les coûts de fonctionnement de ces écoles avec des droits d'inscription très élevés, le député rêve-t-il de déterrer la hache de la guerre scolaire.  Après le vote d'une série de lois (Loi Debré de 1959 jusqu'à celles de ces dernières années), une large brèche a été ouverte dans le service public d'éducation en faveur de l'enseignement privé confessionnel. En apportant sa caution, visant à faire reconnaître le bien fondé de ce type d'écoles, le député sort de son rôle, il amène de l'eau au moulin des détracteurs de l'Ecole publique au nom de "l' ouverture du système éducatif à un dispositif pédagogique qui a fait ses preuves dans l'intérêt supérieur des enfants...".   Mais voilà, dans le cadre de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP), il a voté avec ses amis de l'UMP le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite, ayant pour conséquence la suppression  de 16 000 postes en 2011 dans l'Education Nationale après les coupes sombres des années précédentes qui fragilisent l'enseignement public en zone rurale et l'asphyxient en zone urbaine. Les effectifs des classes augmentent, dans le même temps, la prise en charge des élèves en difficulté par les Réseaux d'Aides Spécialisées (RASED) est sacrifiée pour des raisons d'économie, la scolarisation des élèves de deux ans est remise en cause (40% en 2002, 20% hier et beaucoup moins aujourd'hui), alors que ce n'est pas le cas pour l'enseignement privé qui peut continuer d'accueillir les deux ans, argument à l'usage des parents, amplement utilisé, en résolvant leurs problèmes de garderie et en assurant la continuité scolaire.  Aujourd'hui, la balance penche en faveur de l'école privée sous contrat qui scolarise un élève sur six et n'est pas soumise à la même obligation d'accueil ni à la sectorisation qui transforme les parents d'élèves en consommateurs d'école, en établissant la concurrence entre le public et le privé.   La Loi Carle votée en 2009 qui contraint, sous certaines conditions les communes à financer la scolarité des élèves résidant sur territoire inscrits dans les écoles privées d'autres communes conforte cette logique de "marché" scolaire. Les aides publiques concédées aux établissements privés (à 95% catholiques) n'ont jamais été aussi élevées, près de 7 milliards d'euros sont octroyés chaque année par l'Etat, auxquelles viennent s'ajouter les participations obligatoires versées par les collectivités locales.  Le député fidèle à ses convictions se trouve dans le droit fil des attaques contre le service public d'éducation qui ne datent pas d'hier et dont le marché juteux, s'il était privatisé, représenterait 1400 milliards d'€uros annuels...  Xavier Darcos, ancien ministre de l'Education Nationale, contribua avec d'autres à la fondation de la très droitière association "Créateurs d'école", pourfendeuse du monopole scolaire.  Les actuels conseillers du Président, membre du "Club de l' horloge" avaient prévu depuis 1984 la suppression de la carte scolaire.   La mise en place de simples structures d'accueil privées, les "jardins d'éveil" avec le plan banlieue , là où les besoins du service public sont les plus criants où la ségrégation sociale est la plus forte, participe de la même démarche de privatisation du service public d'éducation.  Il en est de même de la création de la "Fondation pour l'école" connotée très libérale, habilitée à recueillir des fonds publics et privés, (les patrons du CAC 40 n'ont pas rechigné...) après avoir obtenu en 2008 la reconnaissance d'utilité publique par le premier ministre.  Dérive en faveur de la privatisation, cela a permis de structurer et de mettre en avant cette troisième voie d'enseignement, qui se dit pourtant 100% indépendante, à côté de l'enseignement public et du privé sous contrat.  Cette fondation sert aussi à faire passer les messages du gouvernement sur les réformes qu'il entend mettre en place, c'est le cas pour la remise en cause de la lecture globale au Cours Préparatoire, l'autonomie des établissements, mais aussi la formation des enseignants avec la suppression programmée des Instituts de formation (IUFM) et le chèque éducation, en attente dans les cartons...  Alors M. Nesme, enlevez votre faux nez, qui, sous couvert de liberté scolaire où "la pédagogie serait (selon vous) enfermée dans des postures obligées et idéologiques " vous pose en démolisseur du service public et laïc d'éducation. 

  

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