RENDEZ VOUS LE 2 OCTOBRE :
Ils ont lancé leur ultimatum et ont rencontré le 1er ministre Lecornu hier. Ils sont ressortis mécontents de cette réunion, faute d'avoir eu des réponses claires sur le budget, les retraites ou encore l'assurance-chômage. Comme ils en avaient convenu, ils ont donc décidé d'une nouvelle journée de mobilisation unitaire avec grèves et manifestations qui a lieu le 2 octobre.
C'est sur le terrain politique que Lecornu joue son avenir. Mais lorsque les 8 leaders syndicaux sont allés à Matignon, ils pensaient que le 1er ministre leur livrerait des réponses concrètes à la longue liste de leurs demandes. La rapidité de réaction de Lecornu à la mobilisation du 18 septembre qui a rassemblé 1 100 000 manifestants laissait penser qu'il allait commencer à jouer cartes sur table. Il n'en a rien été. C'est furieux et déterminés que les syndicats ont quitté Matignon.
« Le Premier ministre n'a apporté aucune réponse claire aux attentes des travailleurs et des travailleuses », a estimé la CFDT. Elle a regretté « une occasion manquée » et annoncé la nouvelle mobilisation unitaire du 2 octobre. De suite, Lecornu a annoncé qu'il « souhaite revoir les partenaires sociaux dans les prochains jours pour parler plus précisément du budget et du projet global qu'il portera ».
Lors de cette réunion de mercredi, il a quand même annoncé aux syndicats sa volonté de donner la main aux partenaires sociaux sur plusieurs chantiers, effaçant au passage l'exigence de 4 milliards d'euros d'économies en année pleine sur l'assurance-chômage, ainsi qu'un nouvelle casse du Code du travail programmées par Bayrou. « Le rôle de l'Etat sera d'accompagner, de faciliter et soutenir ces négociations », précise même Lecornu dans un courrier aux leaders syndicaux et patronaux.
Sont ainsi inscrits à l'ordre du jour : le financement de la protection sociale, la réindustrialisation et l'anticipation des mutations économiques ainsi que le travail, la qualité de la vie et les conditions de travail, mais aussi la modernisation du paritarisme et la revitalisation du syndicalisme, et enfin, la modernisation du marché du travail.
Réunis aussi par le 1er ministre, les trois organisations patronales sont ressorties satisfaites de leur entretien. « Le 1er ministre ne veut pas traiter ces sujets à l'emporte-pièce, il veut les sortir du cadre politique pour les confier au patronat et aux syndicats, ce qui est une bonne chose », a souligné le président de l'U2P, qui représente les artisans, les commerçants et les professions libérales « Il nous a fait part de sa volonté d'apaiser le pays et de donner des signes d'équité, notamment fiscale, pour que les efforts soient acceptés par tous. Il a aussi insisté sur les bienfaits de la politique de l'offre, pour les entreprises mais aussi pour l'emploi », a salué le dirigeant.
Une affirmation qui peut réjouir le capital mais faire grincer des dents et provoquer de la colère tant chez les syndicats qu'au plan politique et dans l'opinion tant le bilan depuis 2017 est jugé catastrophique !
Le président du Medef, Patrick Martin, a confirmé l'organisation d'un meeting patronal le 13 octobre. Il a précisé « C'est simplement qu'il nous paraît nécessaire de rééquilibrer un débat qui a été préempté par certains, et qui sature en définitive les ondes, sur les super-riches, etc. », a-t-il poursuivi. En résumé, les premiers assistés de la République défendent leurs privilèges qui sont menacés par le mouvement social.
Matignon tentait de relativiser la colère des syndicats après la réunion. Pour Lecornu, l'heure n'était pas aux annonces. Il voulait surtout maintenir le lien après l'ultimatum syndical de fin de semaine. Cette réunion a été l'occasion pour lui de leur rappeler la situation politique. Une phrase a marqué : « Je suis le Premier ministre le plus faible » de la Ve République, a dit Lecornu aux syndicats et au patronat. « Il a voulu leur dire que les grandes décisions ne sont pas dans la main du gouvernement mais dans celle du Parlement », précise aussitôt son entourage.
Mis sous la pression du mouvement social et l'opposition de gauche de l'Assemblée, le chemin du 1er ministre est plus étroit que jamais d'autant qu'en coulisse Macron ne veut rien lâché de sa politique qui a conduit le pays dans le mur. Macron suivrait de près les négociations de son 3ème Premier ministre nommé en un an, qui n'a donc pas toutes les cartes en main. Le projet de budget dépendra de ce que voudra bien lâcher Macron qui semble rester très fermé à des concessions. Ce qui se joue en coulisse, conduit à entretenir le secret. Mais la pression monte en provenance de la gauche et du mouvement social, qui veulent des victoires sur le budget.
Les grandes orientations politiques n'en devraient pas moins être connues dans les jours qui viennent. Le projet de budget pour 2026 doit être transmis au Conseil d'Etat avant la fin de la semaine. La fumée blanche est pour bientôt. Mais sans gouvernement de nommé à ce jour ! Il y avait Macron tout seul, il y aura Lecornu tout seul...à moins que...
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