Affaire SFR : en réponse, un service public du numérique !

SFR n’est plus : pour une somme totale de 20,35 milliards d’€, ses concurrents, Orange, Bouygues Telecom, et Free l’ont acquis sous le haut patronage du gouvernement ayant veillé à ne pas introduire un loup supplémentaire dans la bergerie. Une partie de ce pactole sera captée par Altice, la holding de M. Drahi, propriétaire de SFR qu’il a plongé dans le chaos par une politique inconsidérée d’endettements. Cela permettra à l’homme d’affaires de payer ses dettes et… de quitter la France afin d’aller faire des miracles ailleurs.
Le trio d’acheteurs s’est accordé pour se répartir les 25 millions de clients de SFR. Bouygues s’emblerait-il se taille la part du lion avec la reprise des 3,8 millions de clients « grand public » ainsi que 2,5 millions de clients fixes. Il récupère également les clients professionnels pour finalement enrichir son activité avec 52% du chiffres d’affaires de SFR.
Free acquiert 6 millions de clients (Red by SFR), 1,6 million de clients particuliers et 400 000 clients professionnels (Très Petites Entreprises). Au total, le portefeuille de Free s’établirait après l’opération à 31 millions de clients.
Orange reprend 4 millions de clients de SFR (mobile), plus 1 million de clients haut débit (fixe) et l’activité pré payé. Orange acquiert également les trois MVNO4 (Réglo, Syma et Coriolis).
Concernant les clients SFR, le transfert ne sera effectif qu’à partir du second semestre 2027 si l’opération est validée par les autorités de la concurrence nationale et européennes.
Ce grand jeu de Monopoly inquiète à juste titre les 8 000 salariés de SFR auxquels l’emploi est garanti jusqu’à début 2029, soit dans leur poste actuel ou sur un autre emploi. Clairement l’absorption par les différents opérateurs créera des doublons avec à la clef des suppressions d’emplois.
Les opérateurs concernés, reléve la CGT FAP sont classés entreprises d’intérêt général par la loi de programmation militaire 2023. Aussi, elle s’étonne à juste titre qu’un domaine aussi sensible soit laissé à des opérateurs privés, grands consommateurs d’aides publiques alors que les résultats affichés sont excellents. De fait, l’activité procure une rente aux opérateurs (il faut se rappeler des ententes illicites mises à jour dans le passé).
Ce partage de SFR montre comment les opérateurs s’entendent comme larrons en foire, larrons se caractérisant par un faible tracas social (promesses d’emplois jusqu’en 2029 !)
Face à ce type de faux marché concurrentiel, dans lequel l’enjeu est de capter le plus de clients possibles pour s’assurer une rente, il convient de réaffirmer la nécessité de l’utilité sociale des moyens de communication numérique et de reposer la question d’un vrai service public dans ce domaine, un service en faveur la population, mis en œuvre par des travailleurs à haute technicité et des conseillers d’accueil pour tous les publics, sur tous les territoires.
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