PCF : 10 mesures urgentes pour lutter contre les canicules et le réchauffement climatique

par Pcf du Charolais (71)

Le PCF a ouvert son siège parisien le week-end du 12 juillet, pour permettre aux passants de venir s’y rafraîchir. © NIKOS DJAIL / saif images

Le PCF a ouvert son siège parisien le week-end du 12 juillet, pour permettre aux passants de venir s’y rafraîchir. © NIKOS DJAIL / saif images

 

La France pourrait connaître un accroissement des températures de 4 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Cela appelle à un vaste plan d’adaptation pour sauver l’économie et protéger les plus faibles. Voici dix propositions que la gauche verse au débat.

 

Les communistes ont mis en cohérence leurs demandes et leurs actes, ce week-end, dans leur siège, place du Colonel-Fabien. Ils ont ouvert aux personnes en quête de fraîcheur les portes de la coupole, celle qui abrite d’ordinaire les séances de leur conseil national ou des initiatives culturelles.

 

1. Réquisitionner les lieux de fraîcheur

 

Indigné par les locaux vides qui bénéficient de la climatisation de l’ancienne galerie commerciale BHV, désormais fermée, Ian Brossat, sénateur de Paris et porte-parole du PCF a déposé le 8 juillet une proposition de loi pour réquisitionner les lieux de fraîcheur.

 

« Les politiques d’atténuation que nous pouvons encore engager n’auront d’effet que dans quinze ou trente ans. C’est un défi politique, assure le responsable de la commission Écologie du PCF Amar Bellal. Pour répondre au réchauffement actuel, nous avons besoin d’un plan d’adaptation. »

 

Si le PCF dispose d’ores et déjà de son ambitieux plan « Empreinte 2050 » qui planifie l’économie, secteur par secteur, en vue d’atteindre la neutralité carbone à cette date, il planche aussi sur un plan d’adaptation. « La planification est nécessaire en matière de logement, d’aménagement du territoire, de préservation des puits de carbone (forêts), de transformation de l’agriculture. Les politiques doivent lier lutte contre le dérèglement climatique et adaptation à celui-ci », poursuit Amar Bellal. En matière d’adaptation, la gauche bouillonne de propositions.

 

2. Redoter le fonds vert

 

« Nous demandons donc que toutes nos politiques soient jugées à l’aune du réchauffement climatique. Ce ne doit plus être à Bercy de procéder aux arbitrages lors de l’examen du budget, mais au ministère de la Transition écologique », défend Fabrice Barusseau, député socialiste.

 

La Macronie a passé à l’essoreuse le fonds vert, instauré en 2023 pour financer l’adaptation des collectivités territoriales au dérèglement climatique. Doté de 2,4 milliards d’euros à ses débuts, ce dispositif a vu ses fonds divisés par trois : 837 millions d’euros en 2026.

 

« On aurait pu faire un projet de loi de finances rectificative pour dégager de nouvelles recettes, avance la députée membre de la commission des Finances Claire Lejeune. Cela aurait permis de trouver de nouvelles recettes, afin que les rénovations d’école se fassent avant l’été prochain. »

 

3. S’émanciper des règles de l’UE

 

Le cadre budgétaire européen est un carcan. En octobre 2021, le député communiste André Chassaigne avait déposé une proposition de résolution pour exclure les investissements pour la transition du calcul des 3 % de PIB de déficit public, plafond fixé par le traité de Maastricht.

 

4. Taxer les riches

 

Le député PCF Nicolas Sansu avait défendu en 2024 une proposition de loi pour une contribution exceptionnelle sur le patrimoine des contribuables les plus riches pour financer la transition énergétique.

 

5. En finir avec les bouilloires thermiques

 

Nicolas Bonnet, député du Puy-de-Dôme, exige une modification des normes pour obliger les propriétaires à installer volets et ventilateurs de plafond. En outre, « nous souhaitons que le diagnostic de performance énergétique indique, outre les émissions de gaz à effet de serre et la consommation d’énergie, un troisième critère permettant de déterminer si le logement est une bouilloire thermique », indique le député.

 

La question du logement est emblématique de la nécessité de lier lutte contre le réchauffement et adaptation, souligne Amar Bellal, responsable Écologie du PCF. « Il ne faut pas reproduire les erreurs passées. Certains écoquartiers étaient très bien conçus en matière d’économies d’énergie. Mais le volet des fortes chaleurs n’a pas été pris en compte. Aussi des écoquartiers sont-ils devenus des bouilloires thermiques. »

 

6. De nouveaux droits pour les travailleurs et écoliers

 

« Adapter notre droit est nécessaire », soutient Claire Lejeune, selon qui il faut « graver certains droits dans le marbre du droit du travail » car « le capital ne tient pas compte des risques supplémentaires occasionnés par la chaleur ». Plusieurs propositions de loi préconisent, depuis celle déposée par le député PCF Jean-Jacques Candelier en 2015, l’instauration d’un droit de retrait dès lors que la température excède, dans un lieu de travail, 33 °C. Cette mesure est appuyée par la Confédération européenne des syndicats. Entre 2018 et 2023, 48 travailleurs sont morts de chaleur ; un chiffre certainement sous-estimé.

 

Une disposition similaire est proposée en milieu scolaire par le député Arnaud Bonnet, qui vise à interdire les activités dans les locaux où la température est supérieure à 30 °C.

 

Damien Girard, député Les Écologistes, souhaite, en outre, l’instauration d’un « congé climatique de cinq jours » pour faire face aux imprévus, soit la dégradation d’un logement suite à des aléas climatiques, soit des problèmes de garde d’enfants. Le parlementaire y voit une « première étape vers la construction d’une sécurité sociale écologique, capable de protéger les Françaises et les Français face aux nouveaux risques ».

 

7. Un nouvel aménagement du territoire

 

Selon la « Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique » (Tracc), la température va augmenter en France, par rapport à la période préindustrielle, de 2 °C en 2030 et de 4 °C en 2100. Nicolas Bonnet, député écologiste, porte une proposition de loi afin que la Tracc soit « prise comme référence dans tous les documents qui visent à aménager le territoire » (PLU, Scot, Sraddet, etc.).

 

Aujourd’hui, ceux-ci sont conçus à partir des intempéries passées, et non futures. Or, justifie l’élu, « une zone peut être à faible risque d’inondation aujourd’hui, mais ne le sera plus à l’avenir ». Pour l’élu, « les futurs bâtiments doivent être construits en fonction des températures à venir, et non celles d’aujourd’hui ».

 

8. Prévenir les feux de forêt

 

Face à la multiplication des incendies, comme dans le domaine de Fontainebleau, autant se préparer, en renforçant les effectifs de l’Office national des forêts (ONF).

 

Ceux-ci « ont fondu, passant de 15 000 agents il y a quarante ans à 8 200 aujourd’hui, déplore le député l’Après Hendrik Davi. Comment adapter la forêt publique au changement climatique sans forestiers ? Nous proposons de réembaucher plus de 1 000 agents d’ici à 2030 » Au-delà du travail de prévention, les gauches proposent une augmentation du nombre de pompiers.

 

9. Garantir un droit à l’assurance

 

Du fait des sécheresses ou inondations, « dans certains territoires, les gens font face à des hausses de prix et à l’impossibilité de s’assurer », souligne Fabrice Barusseau, député PS. Selon lui, il faut « préserver le fonds catastrophe naturelle », déficitaire depuis neuf ans, et qui seconde les assureurs. Il suggère de renforcer l’aspect prévention de celui-ci, en le finançant par une prime « sur les biens les plus exposés et les plus chers », comme les villas proches de la côte, ou les entreprises d’une valeur de plus de 20 millions d’euros.

 

Il souhaite également que la carte des aléas climatiques, éditée par le gouvernement devienne la référence commune pour tous les assureurs. Enfin, il estime que doit être mis fin à la pratique assurantielle de ne financer que la « reconstruction à l’identique » pour lui privilégier une « reconstruction résiliente », c’est-à-dire conforme à des normes adaptées au dérèglement climatique.

 

10. Une assurance publique pour les agriculteurs

 

Certains secteurs, notamment la polyculture, sont mal couverts par l’assurance privée. Julien Brugerolles, député PCF, propose de créer une assurance publique. « Notre système d’assurance et de gestion des risques climatiques est inadapté à l’ampleur des conséquences auxquelles vont devoir faire face les agriculteurs, souligne-t-il. Il faut sortir de la politique des plans d’urgence à répétition pour passer à la construction d’un régime public d’assurance et d’adaptation au changement climatique, qui couvre toutes les productions et toutes les fermes ».

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