Une partie du patronat fait la courte échelle à l'extrême droite
La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, accuse "une partie du patronat" de faire "la courte échelle à l'extrême droite en la normalisant", dans Le Monde, mis en ligne samedi 29 août, deux jours après le débat que le Medef a organisé avec les candidats potentiels sauf Fabien Roussel. Et ce, "alors que l'enjeu est de tout faire pour empêcher son arrivée au pouvoir", estime la secrétaire générale de la CGT.
"La question, ce n'est pas son appréciation du programme économique du RN, mais son avis sur le reste du programme. Ce que dit le RN sur notre Constitution, sur les étrangers, sur les femmes, les personnes LGBT, sur l'indépendance de la justice, sur le changement climatique...", a précisé Sophie Binet.
Les candidats n'ont pas pris la mesure du risque de l'arrivée au pouvoir du RN, ce qu'elle trouve "terrifiant".
Elle dit avoir "l'impression d'être dans la France de 1938, avec une immense torpeur". "On est dans un contexte inédit, pour la première fois l'extrême droite peut prendre le pouvoir par les urnes. Et alors qu'on est dans cette situation, aux universités d'été du Medef, les candidats se sont focalisés sur Jean-Luc Mélenchon au lieu d'attaquer Marine Le Pen, qui était tranquille".
"Aujourd'hui, le seul critère d'appréciation du patronat, c'est son intérêt financier. Honte à ceux dont l'argent est la seule boussole ! Je rappelle que l'extrême droite n'arrive jamais au pouvoir sans le soutien du capital", fustige la leader de la CGT.
Cet éclat de rire a la clarté limpide des moments de vérité : il charrie toute l’arrogance des cousus d’or, leur mépris de classe, leur désinvolture. En moquant l’appel de Jean-Luc Mélenchon à la hausse des salaires, les patrons réunis à l’occasion de l’université d’été du Medef à Roland-Garros ont offert le spectacle d’une élite économique avide, cupide, et parfaitement indifférente à l’effet récessif du blocage des salaires.
C’est pourtant le b.a.-ba : la perte de pouvoir d’achat des travailleurs et des travailleuses conduit inévitablement à la contraction globale de l’activité économique. En période d’inflation, la stagnation des salaires et la smicardisation étranglent la demande et plombent la croissance.
Ces patrons qui s’esclaffent affichent la suffisance des repus : les entreprises du CAC 40 ont reversé l’an dernier plus de 107 milliards d’euros à leurs actionnaires, qui accaparent 70 % des profits sous forme de dividendes ou de rachats d’actions. C’est un record historique. Et c’est aux salariés produisant les richesses que cette rente est arrachée.
En France, un salarié sur deux gagne moins de 2 190 euros net ; 10 % des salariés gagnent moins de 1 492 euros net. Avec la précarité, les temps partiels subis, les horaires morcelés, le développement, via les plateformes, du travail peu qualifié payé à la tâche, bien des salariés ne peuvent même plus vivre décemment de leur travail. Au point que 2,3 millions de personnes exerçant une activité professionnelle s’enlisent sous le seuil de pauvreté.
L’abîme entre rémunération du travail et rémunération du capital atteint des profondeurs d’autant plus intolérables que les aides publiques aux grandes entreprises et les cadeaux fiscaux aux plus riches grèvent le budget de l’État au détriment de la protection sociale et des services publics.
Ce n’est pas seulement injuste, c’est inefficace. Le bilan d’une décennie de réformes macronistes guidées par la « politique de l’offre » et la compression des salaires chères au Medef est accablant : croissance nulle, hausse historique de la dette publique, productivité en berne, explosion des inégalités sociales. Il n’y a vraiment pas de quoi rire.
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