Été 2026 : malheureusement historique pour le climat et les inégalités en France
Nous portons à votre connaissance un article réalisé par OXFAM France suite aux catastrophes climatiques connues cet été (canicules - sécheresse -feux de forêts) avec les enseignements tirés par cette organisation.
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L’été 2026 a été celui de tous les records : le plus chaud depuis 1900, le plus sec jamais enregistré, la canicule la plus longue et des feux de forêt qui ont brûlé l’équivalent de 4 fois la superficie de Marseille. L’enchaînement de ces catastrophes perturbe nos quotidiens et entraîne des conséquences particulièrement dramatiques, notamment pour les plus pauvres. Plus que jamais, l’action climatique est nécessaire pour construire un avenir juste et vivable.
L’été 2026 a brisé tous les records climatiques
Depuis le début des observations, la France n’a jamais connu un été aussi chaud qu’en 2026. Dès mai 2026, des vagues de chaleur et des canicules se sont enchaînées au point que 59 % des journées de l’été 2026 étaient des journées de canicule sur au moins une partie du territoire. En d’autres termes, 3 jours sur 5 étaient des journées caniculaires au cours de l’été 2026.
Dès la fin du printemps, les températures sont devenues dangereuses. (AVC, infarctus, maladies chroniques, médicaments et inégalités : la chaleur menace la santé en France.) Même des personnes en bon état de santé ont été lourdement touchées par une vague de chaleur précoce. Après cette première vague de chaleur fin mai, une canicule en juin a bouleversé les quotidiens.
Par exemple, 41 343 écoles ont été confrontées à au moins un épisode de vigilance rouge pour canicule, dégradant l’accès à l’éducation et menaçant la santé des enseignant·es et des élèves.
D’après les analyses de Santé publique France, la surmortalité au cours de l’été 2026 a atteint 7 007 décès, dont une grande partie a été provoquée par la chaleur. En moyenne, la chaleur est désormais responsable de 5 398 décès par an en France et le bilan risque d’être encore plus lourd cette année à cause des températures extrêmes.
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Des incendies destructeurs de la Bretagne à la Corse
Sous l’effet de la chaleur et de la sécheresse extrêmes, des feux de forêt dévastateurs ont ravagé la France. À la fin de l’été 2026, les incendies avaient brûlé 97 000 hectares, soit neuf fois la superficie de Paris. En Gironde, un méga-feu a brûlé 42 000 hectares. Les flammes ont détruit 240 maisons et l’incendie hors norme a obligé l’évacuation de plusieurs milliers de personnes. Les moyens de la Sécurité civile ont été largement insuffisants pour faire face à l’incendie dévastateur qui a brûlé pendant plusieurs jours.
La Gironde n’était pas le seul département lourdement touché par les incendies. De la Bretagne à la Corse, 357 feux de forêt s’étaient déclarés à la fin de l’été, laissant des paysages de désolation derrière eux. Chacun de ces incendies constitue une grave menace pour la santé : celle des pompières et pompiers luttant contre les flammes, mais aussi celle des habitant·es de la région. En effet, les fumées des feux de forêt aggravent la pollution de l’air et sont dix fois plus nocives pour la santé par rapport à la pollution de l’air d’autres sources de pollution. Or, les fumées se propagent sur des centaines de kilomètres, ce qui était le cas de la panachée de fumée du méga-feu en Gironde.
Une sécheresse inédite en France
L’été 2026 était l’été le plus sec que la France n’a jamais connu. Le déficit de pluies a atteint 70 % en juin et l’Hexagone et la Corse ont encore continué à s’assécher en juillet et août. Dès juillet, 99 des 101 départements ont dû restreindre l’utilisation de l’eau à cause de la sécheresse généralisée.
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Le manque de pluie a de graves conséquences sur l’accès à l’eau potable. Dans de nombreuses communes, les châteaux d’eau et les réservoirs sont tombés à sec. Frappées de plein fouet par la sécheresse, ces communes ont dû être approvisionnées en eau potable par des camions citernes. Au-delà du Sud de l’Hexagone, même des régions dans le Nord ont été touchées, comme Sainte-Marie-aux-Mines dans le Haut-Rhin.
En parallèle, la sécheresse a frappé de plein fouet l’agriculture. Faute d’eau, les rendements des cultures agricoles baissent drastiquement. À cause de la destruction des récoltes, des agriculteurs·ices perdent une bonne partie de leur revenu et les prix alimentaires explosent. Le prix des concombres, par exemple, a augmenté de 42 % en juillet 2026 par rapport à la moyenne des prix au même moment des quatre années précédentes.
Été 2026 : un exemple marquant du changement climatique en France
L’enchaînement des catastrophes de l’été 2026 est une conséquence directe du changement climatique. Le changement climatique aggrave les canicules, sécheresses et feux de forêt, car il rend les étés plus chauds et plus secs. Ces impacts du changement climatique se sont manifestés avec une violence inédite cet été, mais s’inscrivent dans une tendance inquiétante plus longue.
D’année en année, les étés apportent des canicules plus fréquentes, plus graves, le risque de feux de forêt s’aggrave et les précipitations se font plus rare.
Le changement climatique aggrave les canicules
À cause du changement climatique, l’Hexagone et la Corse connaissent des vagues de chaleur et des canicules : Plus longues ; Plus fréquentes ; Plus tôt dans l’année ; Plus tard dans l’année ; Avec des températures plus élevées.
L’été 2026 a brisé deux tristes records. La canicule de juin a été celle avec les températures maximales les plus élevées jamais enregistrées en France. Ensuite, la canicule de juillet et d’août est la canicule la plus longue que la France n’ait jamais connue jusqu’à présent. Ainsi, les très fortes chaleurs deviennent toujours plus fréquentes. A Tours, par exemple, le thermomètre a franchi la barre des 35 °C au cours de 23 jours. En moyenne sur la période de 1960 à 2000, ce seuil a été dépassé à Tours seulement un jour tous les deux ans.
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Il est encore possible d’éviter des canicules encore plus fréquentes. Pour y parvenir, il faut urgemment réduire les émissions de gaz à effet de serre grâce à une transition juste. En effet, si le réchauffement atteint 3 °C, les vagues de chaleur seront 25 % plus fréquentes par rapport à un réchauffement limité à 1,5 °C.
Le changement climatique aggrave les feux de forêt
Le risque de feux de forêt explose à cause du changement climatique. Comme le réchauffement rend les étés plus chauds et plus secs, les départs de feux se multiplient et les incendies s’aggravent. Sur les dix dernières années, les feux de forêt ont brûlé sept fois plus de terres par rapport aux dix années précédentes. Cette démultiplication des incendies est une conséquence directe du changement climatique, comme le confirme aussi le Haut conseil pour le climat : en 2025, déjà, le changement climatique a rendu les conditions propices aux départs des feux cinq fois plus probables.
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Les feux de forêt deviendront encore plus graves à l’avenir, si le changement climatique continue au rythme actuel. En Europe, le risque de mégafeux, soit des incendies de plus de 2 500 hectares, sera quatre fois plus important à la fin du siècle par rapport à 2020 si les émissions restent importantes. Dans l’Hexagone, le nombre d’incendies augmenterait encore de 60 % vers 2050 (par rapport à la moyenne de 2001 à 2020) si le réchauffement atteint 1,7 °C, mais devrait tripler si le réchauffement atteint 3,6 °C.
Les feux de forêt dévastateurs de cet été rappellent qu’il faut à tout prix éviter une nouvelle hausse des risques. Pour prévenir des étés encore plus incendiaires, la lutte contre le changement climatique est plus urgente que jamais.
Le changement climatique aggrave les sécheresses
Le changement climatique rend les étés plus secs. Cette tendance inquiétante, qui menace l’agriculture et l’accès à l’eau, est déjà en cours depuis des décennies et dans l’Hexagone, les sécheresses sont déjà deux fois plus fréquentes qu’en 1960. En effet, le changement climatique dérégule le cycle d’eau et allonge les épisodes où la pluie se fait très rare. A cause de la sécheresse, les restrictions d’eau se multiplient. Elles ont été déjà deux fois plus fréquentes sur les trois dernières années par rapport à la moyenne d’il y a encore dix ans.
Les catastrophes climatiques creusent les inégalités
Le changement climatique touche davantage les plus pauvres
Toutes ces catastrophes climatiques sont particulièrement graves pour les personnes les plus pauvres. Celles et ceux qui ont déjà du mal à boucler leurs fins de mois et celles et ceux qui vivent dans des conditions précaires, entre autres, sont particulièrement exposé·es aux effets du changement climatique sans avoir les moyens de s’en protéger. En ce sens, le changement climatique creuse encore les inégalités au sein de la population.
Les canicules creusent les inégalités
En 2026 aussi, les canicules, les feux de forêt et les sécheresses étaient particulièrement graves pour les personnes les plus pauvres. C’est le cas des fortes chaleurs, car les habitant·es des 20 % des quartiers les plus défavorisés sont dix fois plus surexposé·es à la chaleur par rapport aux quartiers les plus favorisés. De plus, les personnes pauvres ont plus de risques de vivre dans un logement mal isolé où les températures deviennent rapidement dangereuses en été. En effet, la part des passoires thermiques est plus de deux fois plus élevée dans les 10 % des communes les plus pauvres par rapport aux 10 % des communes les plus riches.
Cette inégalité face aux canicules se reflète même dans la mortalité : dans les dix départements les plus pauvres, l’impact de la chaleur sur la mortalité est 31 % plus important par rapport à celui dans les dix départements les plus riches, comme l’a montré Oxfam France. La chaleur est meurtrière et particulièrement dangereuse pour les personnes pauvres.
Les feux de forêt aggravent les inégalités
Cette vulnérabilité inégale s’observe même déjà pour les enfants : les 10 % des enfants les plus pauvres sont admis·es 1,6 fois plus fréquemment aux urgences pour l’asthme par rapport aux 10 % des enfants les plus riches.
De la même façon, les feux de forêt sont particulièrement dangereux pour des personnes pauvres. En effet, les fumées des incendies sont particulièrement nocives pour la santé des personnes atteintes d’asthme ou d’autres maladies respiratoires. Or, les personnes victimes de pauvreté sont plus à risque de développer des maladies respiratoires chroniques ; les 10 % des personnes les plus pauvres en France souffrent 1,6 fois plus de maladies respiratoires chroniques que les 10 % des personnes les plus riches. C’est la raison pour laquelle la pauvreté rend particulièrement vulnérable aux feux de forêt.
Les sécheresses creusent les inégalités
La sécheresse creuse également les inégalités. Premièrement, la pénurie d’eau fait flamber les prix de l’eau potable, ce qui touche en particulier des personnes qui ont déjà du mal à boucler leurs fins du mois. La hausse des prix de l’eau est causée par les pénuries d’eau à répétition, car elles nécessitent des coûteux investissements dans la production de l’eau. Ces coûts sont répercutés sur le prix de l’eau des ménages.
En France, les personnes appartenant aux 20 % des personnes les plus pauvres dépensent deux fois moins pour l’alimentation par rapport aux 20 % des personnes les plus riches. Faute de budget, elles ne mangent pas à leur faim ou choisissent des aliments moins chers, mais de moins bonne qualité. Pour elles, chaque hausse des prix alimentaires est une catastrophe.
De plus, les prix alimentaires augmentent à cause des sécheresses. Lors d’une sécheresse, les agriculteurs·ices perdent une partie de leur récolte : les tomates sont toutes petites faute d’eau, les plantes de maïs s’assèchent au soleil avant la récolte, des têtes de salade ne sortent même pas de terre faute d’avoir été irriguées… Quand les récoltes baissent, les prix alimentaires augmentent. Face à l’inflation des prix de l’alimentation, les personnes qui sont déjà confrontées à des difficultés financières doivent renoncer à des produits sains et frais. En d’autres termes, les plus pauvres paient le prix le plus élevé des sécheresses.
Des catastrophes alimentées par la pollution des ultra-riches
Les ultra-riches : principaux émetteurs de gaz à effet de serre
Si l’été effrayant de 2026 a montré une fois de plus que la France n’est pas prête à affronter les effets du changement climatique, il a également illustré les profondes inégalités derrière les catastrophes. En effet, les ultra-riches contribuent beaucoup plus au changement climatique que tout le reste de l’humanité :
- 0,1 % des plus riches dans le monde émettent 400 fois plus de gaz à effet de serre que la moitié la plus pauvre de l’humanité.
- Par rapport à 1990, la part des émissions de gaz à effet de serre des 0,1 % des plus riches a même augmenté de 32 %.
- En France, les 0,1 % des plus riches contribuent 26 fois plus au changement climatique que la moyenne de la population française.
- À lui seul, Bernard Arnault, le Français le plus riche, contribue 1 355 fois plus au changement climatique que la moyenne de la population française.
En ce sens, les émissions de gaz à effet de serre d’une petite minorité sont responsables du gros des catastrophes climatiques qui se démultiplient à travers le monde, y compris en France.
Et si demain les ultra-riches réduisaient leurs émissions ?
Si ces ultra-riches réduisaient enfin leurs émissions de gaz à effet de serre vertigineuses, ils contribuent à protéger le monde des effets du changement climatique. Deux exemples illustrent à quel point une réduction des émissions des plus riches serait bénéfique pour l’humanité :
- En Europe, 30 000 personnes meurent chaque année avec un changement climatique de 1,5 °C, mais ce bilan monte à 90 000 décès pour une augmentation des températures mondiales de 3 °C, d’après le GIEC.
- Limiter le réchauffement à 1,5 °C permet de diviser par six les pertes de récolte attendues pour le maïs par rapport à la trajectoire actuelle. Grâce à une production agricole plus abondante, les prix alimentaires resteraient plus stables et les plus pauvres auraient un accès plus facile à une alimentation saine.
Les géants des énergies fossiles continuent à accélérer le changement climatique
Alors que la France suffoquait de la chaleur, était effrayée par les incendies gigantesques et subissait une sécheresse déjà historique, TotalEnergies augmentait encore ses profits. Le 23 juillet 2026, la multinationale des énergies fossiles a déclaré que ses bénéfices avaient plus que doublé au second trimestre de l’année par rapport au second trimestre de l’année précédente.
Dans ce contexte, Oxfam a estimé que les six géants du pétrole et du gaz allaient réaliser des bénéfices de 45 milliards de dollars en 2026. Le constat est clair : une poignée d’entreprises tirent du profit de la crise climatique. Malgré la démultiplication des catastrophes climatiques, la pollution paie.
Quelles réponses à l’urgence climatique ?
L’été 2026 a été catastrophique. La crise climatique tue et creuse les inégalités en France. Il est grand temps que l’Etat réalise enfin l’ampleur de la menace, afin de construire un avenir plus juste et de sortir de la crise par le haut.
Afin d’accélérer la transition juste et l’adaptation au changement climatique, Oxfam France propose onze mesures d’urgence :
- Instaurer un droit de retrait rémunéré pour chaleur dangereuse sur le lieu de travail, dans des conditions négociées avec les partenaires sociaux.
- Interdire, dès 2027, la location de logements dépourvus de volets et de brasseurs d’air inadaptés aux canicules plus fréquentes, intenses et longues.
- Rénover tous les logements mal isolés avant 2035.
- Convertir des bâtiments publics en refuges de fraîcheur en commençant par les écoles et les hôpitaux.
- Garantir l’accès à l’eau, en commençant par préserver toutes les zones humides restantes et en interdisant l’épandage de pesticides dans les zones de captage d’eau potable.
- Renforcer les moyens de la Sécurité civile pour revenir a minima au niveau des années 2000, notamment grâce à l’acquisition des 1246 camions citernes feux de forêt perdus entre-temps et le recrutement massif de sapeurs·euses-pompiers·ières.
- Systématiser la prise en compte des conditions climatiques futures dans l’ensemble des politiques d’aménagement et d’urbanisme en conditionnant chaque révision à une prise en compte des conditions climatiques futures.
- Réduire progressivement les subventions publiques et avantages fiscaux favorisant les énergies fossiles qui atteignent autour de 20 milliards d’euros par an.
- Interdire le lobbying des entreprises des énergies fossiles.
- Développer massivement l’offre de transports publics grâce à au moins quatre milliards d’euros d’investissements supplémentaires par an.
- Mettre fin au financement de l’expansion des énergies fossiles en interdisant aux entreprises françaises et acteurs financiers français de financer de nouveaux projets d’extraction, de production ou d’infrastructures fossiles.
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