L'ARNAQUE DES LIBERAUX !
Bruno Retailleau, favorable à « zéro cotisation, ni salariale, ni patronale », et Raphaël Glucksmann, prêt à baisser la contribution sociale généralisée sur les salaires, au grand raout du Medef, le 26 août dernier.
Les libéraux, qu’ils soient de droite ou dits de gauche, viennent de lancer une grande offensive sur le salaire brut. Les aspirants à la présidence de la République, qu’il s’agisse de Bruno Retailleau, Gabriel Attal ou François Hollande comme Raphaël Glucksmann, veulent « augmenter » le net en s’en prenant aux cotisations. Une convergence transpartisane inquiétante, tant cette proposition menace le financement de notre protection sociale.
C’est un consensus qui n’augure rien de bon pour l’avenir de notre système social. À droite mais aussi au sein d’une partie de la gauche sociale-libérale, la solution est toute trouvée pour « augmenter » les salaires : rapprocher le net du brut en diminuant voire en supprimant purement et simplement les cotisations patronales et salariales.
Gabriel Attal a été le premier à ouvrir la séance de ball-trap lors d’un déplacement en Bretagne. Le 23 juillet, l’ancien premier ministre défend son idée de « choc des salaires » qu’il promet à « la classe moyenne qui bosse ». Soit, selon ses calculs, une augmentation de 250 euros pour un salarié qui gagne 2 200 euros net, via une baisse des cotisations.
Cette proposition d’aller « droit au brut », selon le candidat Renaissance, a été réaffirmée lors du grand oral organisé par le Medef, le 26 août, sur le court de Roland Garros. Elle induirait « des économies sur la sphère sociale » et une réduction de l’assurance-chômage.
Une balle reprise à la volée par Édouard Philippe, qui défend la même méthode et le même objectif. Sur ce débat, les « ex » de Matignon parlent d’une même voix.
Quant à Bruno Retailleau, le candidat LR, à la traîne dans les sondages, va encore plus loin. En plus de proposer « dès la première heure (d’alléger) les charges de travail », le Vendéen veut également « zéro cotisation, ni salariale, ni patronale », à partir de la 36e heure travaillée : « Ça voudra dire que c’est quasiment deux mois de plus de salaire par an, à condition d’accepter de faire une petite demi-heure de travail (de plus) par jour. » Pâle copie de la défiscalisation des heures supplémentaires à la sauce Sarkozy…
Hollande et Glucksmann s’y mettent aussi
Plus surprenant, une partie de la « gauche » a également décidé d’associer sa voix à cette symphonie libérale. Quitte à ressusciter, pour la plus grande joie du patronat, le dispositif de TVA sociale. François Hollande propose « une baisse des cotisations salariales, financée par une contribution qui toucherait une partie des grosses successions et par un mouvement sur les taux de TVA », comme il l’explique dans un entretien au Point.
Un mécanisme qui ressemble fort à celui adopté dans la dernière année du mandat de Nicolas Sarkozy, et que François Hollande avait immédiatement abrogé à son arrivée à l’Élysée. « Contrairement à la TVA dite improprement « sociale », il ne s’agit pas de réduire les cotisations des entreprises mais celles des salariés », tient-il à préciser.
Un terrain social que Raphaël Glucksmann a décidé lui aussi de labourer. « Le travail ne paie plus assez, et c’est une menace sur la démocratie », a-t-il jugé devant les grands patrons. Pour augmenter le net, le candidat à la primaire socialiste imagine, lui, de baisser la CSG (contribution sociale généralisée) sur les salaires.
Et pour éponger le manque à gagner pour notre système de protection sociale, le fondateur de Place publique ne propose pas de relancer la cotisation sur le capital, mais veut aller trouver l’argent « chez les grands, les méga-héritiers ».
En réalité, la plupart de ces candidats libéraux se montrent totalement hostiles à une hausse du Smic et des salaires. À tel point que leur seule solution, face à la crise du pouvoir d’achat, est de s’en prendre au salaire brut. Or jouer aux apprentis sorciers en taillant dans les cotisations sociales ou la CSG reviendrait à fragiliser gravement notre système de protection sociale.
Des citoyens renvoyés à eux-mêmes
« Le salaire net, c’est pour le mois. Le salaire brut, c’est pour la vie », réplique Stéphane Peu, chef de file des députés communistes. Une hausse du net, aux dépens du salaire socialisé, viendrait frapper de plein fouet notre système de Sécurité sociale, nos remboursements de soins, nos retraites, et notre assurance-chômage.
Chaque citoyen serait encore plus renvoyé à lui-même, avec des coûts qui exploseraient, puisque les dépenses de santé et de retraites dans les pays qui ne disposent pas de système collectif sont plus élevées par habitant qu’en France, pour un résultat moindre…
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