LA REPRESSION SYNDICALE :

par Pcf du Charolais (71)

publié dans SOCIAL

La secrétaire générale de la CGT, mise en examen pour diffamation publique, avait dénoncé la « répression patronale violente » chez le fabricant d’articles culinaires, sur fond de lutte contre la pollution aux PFAS, lors d’un débat à la Fête de l’Humanité.

Sophie Binet est de nouveau ciblée. Le lundi 25 mai, la secrétaire générale de la CGT a annoncé sa mise en examen pour diffamation, à la suite d’une plainte de l’entreprise Tefal, à l’occasion d’une intervention à la Fête de l’Humanité. Fabien Gay, directeur de publication du journal l’Humanité, est également mis en examen pour diffamation.

« Les luttes environnementales sont maintenant parmi les plus réprimées, avec le plus de violence. À Tefal, je suis très fière que la CGT ait eu la force de dénoncer les PFAS et d’expliquer qu’il ne fallait pas céder au chantage à l’emploi mais qu’il fallait transformer le modèle productif de l’entreprise pour défendre l’emploi à moyen et long terme », déclarait alors la cégétiste, lors d’un débat au Forum social, samedi 13 septembre 2025.

Avant d’ajouter : « J’étais à Tefal la semaine dernière avec mes camarades pour soutenir la CGT, qui fait face à une répression patronale violente, puisque notre camarade Ouria Belaziz, coordonnatrice de la CGT Tefal, a été sanctionnée par la direction. » Cette dernière a fait l’objet d’un avertissement, après une prise de parole sur la présence de polluants éternels (PFAS) dans les accessoires fabriqués par le groupe. La CGT conteste la sanction auprès des prud’hommes. Une audience est prévue le 4 juin prochain.

Sophie Binet maintient ses accusations, Tefal réfute toute répression

Invitée des 4 vérités sur France 2, Sophie Binet maintient ses accusations : « Par cette procédure, Tefal confirme l’ampleur de la répression. L’entreprise confirme qu’elle essaie de bâillonner les syndicalistes qui s’expriment sur les conditions de travail ou l’impact environnemental des productions. »

Auprès de l’AFP, Tefal soutient « avoir engagé une procédure judiciaire contre Madame Binet et (les) coauteurs » des propos incriminés, et note que « cette procédure concerne des accusations publiques graves et erronées visant l’entreprise, que Tefal conteste fermement ». Le groupe « réfute toute accusation de répression syndicale » et assure qu’il ne « s’agit pas de remettre en cause la liberté syndicale, le droit de critique ou le débat public » mais estime que « la liberté d’expression ne permet pas d’imputer à une entreprise des faits inexacts », selon l’industriel.

 

En décembre 2025, Sophie Binet avait fait l’objet d’une première mise en examen pour injure publique, après une plainte de Sophie de Menthon, présidente du mouvement patronal Ethic. La secrétaire générale de la CGT avait qualifié de « rats qui quittent le navire » les chefs d’entreprises délocalisant les unités de production, sur fond de casse industrielle. Au 30 mars, la CGT dénombrait 550 plans sociaux sur plus de 400 sites.

Plus de 1 000 cégétistes poursuivis

Avec ces deux mises en examen en six mois, la dirigeante syndicale dénonce, sur France 2, l’émission d’un « signal de répression ». Ainsi, selon la cégétiste, « un signal d’ensemble est envoyé. Sur cette base, la quasi-totalité des syndicalistes du pays pourrait être mise en examen ». Elle réclame une loi pour « protéger la liberté d’expression et les libertés syndicales aujourd’hui en danger ».

Depuis le 1er avril 2023, la CGT dénombre plus de 1 000 militants et cadres inquiétés par des poursuites judiciaires ou disciplinaires, dont cinq dirigeants confédéraux. La centrale avait organisé un meeting à ce sujet, le 4 février. À cette occasion, la Confédération internationale des syndicats (ITUC-CSI) avait annoncé déposer une plainte devant l’Organisation internationale du Travail (OIT) pour « dénoncer une procédure-bâillon et les atteintes aux droits syndicaux qui ont lieu en France ».

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