Lutte à Gilly sur Loire pour garder la ligne SNCF Moulins - Paray le Monial. Par Yannick Monnet

par Pcf du Charolais (71)

Lutte à Gilly sur Loire pour garder la ligne SNCF Moulins - Paray le Monial. Par Yannick Monnet

 

 
Ce matin, grande manifestation, à Gilly sur Loire, pour défendre l’avenir de la ligne SNCF Moulins - Paray le Monial avec la participation du député communiste Yannick Monnet.
 
 
Le député communiste a également interpelé le Ministre des transports afin qu’il confirme :
 
  • L’engagement financier de l’Etat, aux côtés de la région, pour assurer la pérennité de cette ligne;

 

  • Que la prochaine loi-cadre sur le financement des infrastructures dégage des moyens pérennes pour l’entretien des lignes de desserte fine du territoire:

 

  • Dans nos territoires ruraux, le développement du rail est à la fois un enjeux de mobilité et de développement économique.
10 juin appel à la grève des cheminots de la SNCF
Ils « refusent » d’accompagner les transformations en cours et demandent leur « arrêt immédiat » et la réouverture de négociations salariales 
« On voit une accélération des drames, une souffrance généralisée, des agents d’exécution aux cadres, car la restructuration au forceps et l’absence de pilotage amènent à une désorientation du corps social cheminot » a déclaré Romain Pitelet, secrétaire général adjoint de la CGT cheminot. 13 cas de suicide auraient été recensés depuis quelques mois. Le réseau ferré français vit depuis une quinzaine d’années un véritable big bang, livré aux directives européennes régissant la libéralisation du secteur ferroviaire sur l'ensemble du continent et la fin du service public de la SNCF. Le résultat est catastrophique. Deux sénateurs3 de droite, au nom de la Commission des finances, dressent un bilan critique de la libéralisation du rail : coûteuse pour les finances publiques, elle fait courir le risque d’une « balkanisation » du réseau et de l’abandon des petites dessertes dit le rapport. Ils rejoignent les analyses des syndicats de cheminot ! « Une série de forces centrifuges menacent la cohérence du réseau ferré et pourraient, à terme, fragiliser l’attractivité du train », écrivent les sénateurs, accusant le gouvernement et l’État d’impréparation. « En raison d’une confiance excessive dans le “pouvoir magique” de la concurrence, des problématiques majeures, pourtant identifiées de longue date, ont été mises de côté. »
Depuis le début du processus, on ne compte plus les compagnies ayant fait faillite : Flixtrain, Railcoop, Thello, Midnight Trains…. Selon les chiffres du rapport sénatorial, 1 milliard d’euros d’argent frais est nécessaire afin de se lancer dans le ferroviaire. Seules deux compagnies publiques italienne et espagnole ont réussi à s’immiscer sur le réseau français. Perdant beaucoup d’argent alors qu’elles exploitaient des liaisons profitables. Trenitalia a perdu en 2024 un total de 70 millions d’euros, presque le double de ce que lui rapporte la vente de billets. La compagnie évite la faillite grâce à l’argent de sa maison mère italienne et aux subventions du gouvernement italien et de l’Union européenne. Idem en Espagne, la SNCF et sa filiale Ouigo España, épongent de lourdes pertes (44 millions d’euros en 2024) avec l’argent des usagers français !
La SNCF et ses concurrents sont conduits à maximiser leurs profits, fermant les lignes les moins rentables se concentrant sur celles rapportant : Paris-Lyon-Marseille ou le Paris-Strasbourg. Les « petites lignes » étaient autrefois financées grâce aux recettes engendrées par la compagnie sur les tronçons rentables représentant un tiers des dessertes selon la SNCF. Ces lignes dites « d’aménagement du territoire » risquent de « mourir. « Le financement des dessertes TGV d’aménagement du territoire coûterait chaque année entre 150 et 200 millions d’euros à SNCF Voyageurs », estiment les deux sénateurs. « rien n’a été prévu pour résoudre ce problème ».
Un autre rapport accablant du cabinet d’expertise Groupe 3E tire les mêmes conclusions sur le bilan de la concurrence : « Trenitalia France, Renfe et Velvet ont pesé de tout leur poids pour un statu quo qui pénalise clairement SNCF Voyageurs, seul opérateur à devoir exploiter des liaisons déficitaires », écrivent les experts, soulignant : la « rationalisation »  synonyme de « déshumanisation » des gares, avec moins d’agent et de guichets et des gares fermant.
Les chiffres du TER cachent des coûts importants : acquérir le matériel, construire une vingtaine de nouveaux centres de maintenance, recruter des experts des sujets ferroviaires et mobiliser de coûteux cabinets de conseils pour border juridiquement leurs appels d’offres, créant des Sociétés publiques locales dédiées aux TER en les dotant de « moyens extravagants qui interrogent, dans un contexte de finances régionales pressurisées », selon les experts du Groupe 3E (1,2 milliard d’euros concernant la région Grand Est, 1,4 Mrd€ dans les Hauts-de-France, etc.). « Ces entités ont levé des montants colossaux de dettes pour exercer leur rôle », souligne-t-ils. Les régions allant jusqu’à proposer d’indemniser les candidats déchus avec des montant en constante inflation : jusqu’à 600 000 euros en région Grand-Est !
« Le passage d’un monopole à un système concurrentiel induit des désoptimisations liées à une réduction des économies d’échelle, constatent également les sénateurs. Ces coûts sont souvent sous-estimés voire ignorés ». La SNCF mutualisait les missions à l’échelle nationale tel l’entretien des rames, autrefois géré pour plusieurs régions, il faut désormais les assumer localement. Pour la billettique : chaque région a développé sa propre application de vente de billets, engendreant des frais inutiles (40 millions d’euros en région Sud, par exemple) et rend l’offre illisible. « La fragmentation du système résultant de la concurrence risque d’affecter la fluidité des voyages, écrivent les sénateurs.  « Si chaque [région] souhaite avoir son propre train, le système pourrait devenir ingérable », préviennent les parlementaires : Prendre le train sera une galère.
L'arrivée de nouveaux opérateurs comme RATP-DEV sur l'Étoile de Caen inquiète fortement les usagers. Les associations Handirail et FNAUT Normandie redoutent un chaos sur la gestion des correspondances et le remboursement des billets multi-opérateurs. 4 milliards d’€ gaspillés dans la privatisation des TER, 86% des lignes secondaires sont menacées par le manque d’entretien. Le projet de Service Express Régional Métropolitain (estimé à 1,6 milliard d'euros) est suspendu à l'engagement financier de l'État, la Région et les intercommunalités ne pouvant pas assumer seules une telle somme.
"Priorité au rail"… mais la région: supprime des voies (Avranches-Pontorson) afin d’"économiser", choisit un opérateur privé (RATP Dev) sans expérience ferroviaire, refuse 500M€ sur 10 ans pour le réseau, renonce à leurs engagements : les 2,5 milliards promis des concessions autoroutières n’arriveront pas avant 2030, et le versement mobilité régional (50M€/an) est refusé L'alerte rouge est lancée  par les cheminots et les usagers!
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article