VOTES 40eme CONGRES PCF : UNE DIRECTION CONFORTEE MAIS CONTESTATION DE LA BASE SUR LES PRESIDENTIELLES !

par Pcf du Charolais (71)

Au soir du 7 juin, les premiers commentaires reflétaient la tension des semaines écoulées. Du côté des partisans de Communistes à l’offensive, regroupant notamment les courants proches de Nos Révolutions, on insistait sur le fait que, quelle que soit l’issue arithmétique du vote, une part considérable des militants s’était clairement prononcée contre toute stratégie d’isolement électoral. Les partisans du texte Résister et construire, portés notamment par des communistes de base proches de Frédéric Boccara, rappelaient que la base commune de la direction n’avait été adoptée en Conseil national que par 74 voix sur 183 membres élus, soit à peine 39% — ce que la direction préfère exprimer en pourcentage des votants (77%), plutôt qu’en nombre absolu, lequel illustre une désaffection préoccupante de l’instance dirigeante elle-même. La division s’exprime d’ores et déjà sur la place publique.

Les résultats officiels du vote sont les suivants :

  • Inscrits : 37 286
  • Votants : 24 608 – 66%
  • Blancs et Nuls : 481 – 1.2% ( des inscrits)
  • Exprimés : 24127 – 98,05 % des votants
  • Texte du CN : 14810 – 60.18% des votants
  • Offensive : 6117 – 24.86% des votants
  • Stratégie : 1833 – 7,50 % des votants
  • Résister et construire : 1367 – 5,5 % des votants
  •  

    En clair, Fabien Roussel et sa direction réunissent sur le texte un peu moins de deux votants sur trois, et moins de 40% des adhérents revendiqués. C’est une situation à la fois fragile politiquement, mais qui traduit une solide main sur le PCF. Ce qui leur permet de revendiquer dans les colonnes de L’Humanité, le fait d’être confortés.

  •  

Quantitativement, on remarquera que Fabien Roussel et sa direction maintiennent une base légèrement plus forte qu’elle ne l’était en 2019, mais bien plus faible qu’en 2023 avec ses 23 930 votes et 81.9%. À l’inverse, l’opposition identitaire communiste au sein du PCF, du moins en tant que force se comptant par un vote sur un texte, est nettement plus faible, avec près de 50% de perte de voix. Surtout, c’est la contestation de la candidature Roussel qui est en pleine croissance, passée de 18% et 5 282 voix en 2023 à 6 117 voix et près de 25%.
Il ne s’agit pas ici de faire l’exégèse politique de ce que disent ces chiffres, mais déjà, dans un premier temps, de les constater comme un fait.

De fait, ce vote n’épuise pas la question. Pendant que Fabien Roussel diffusait les résultats, comme un symbole Stéphane Peu – le dirigeant du groupe parlementaire du PCF – s’affichait dans la campagne de Mélenchon, notamment à Saint-Denis, dont il est député PCF.

Un premier enseignement factuel et chiffré : le PCF combien de militants ?

Le premier enseignement de ce scrutin, avant même toute discussions des résultats par textes, est quantitatif et profondément politique : il tient dans le nombre total d’adhérents appelés à voter. Lors du 38e congrès, en octobre 2018, ce sont 49 231 communistes à jour de cotisation qui étaient inscrits selon les publications officielles, et 30 841 d’entre eux ont voté. Au 39e congrès, en janvier 2023, le corps électoral interne s’établissait à 42 237 inscrits, pour 29 898 votants. En huit ans, entre le 38e et le 40e congrès, la base cotisante du PCF aura donc connu une réduction substantielle. C’est 37 286 cartes qui sont ainsi revendiquées, pour 24 608 votants.En huit ans c’est une baisse de 12% qui ne peut être regardée sans signification politique.

Au delà de cette variation, il est tout aussi factuel qu’avec ces chiffres, le PCF démontre qu’il demeure une des premières forces politiques organisées en France, dans un contexte général de dépolitisation et d’affaiblissement des partis. Et c’est bien à la mesure de cette force que doivent être regardées ces responsabilités.

Rappelons qu’à l’occasion de son 28e congrès, le RN a revendiqué 36 673 adhérents et mobilisés 25 218 votants. Le PS, lors de son congrès de mai 2025, a revendiqué 39 829 adhérents mais mobilisé 24 547 inscrits. Les LR ont revendiqué en 2025 121 617 inscrits pour leur congrès et 98 110 votants. Renaissance (ex-En Marche), le parti de Macron et Attal, a longtemps revendiqué 30 000 adhérents. Au mois d’octobre 2024, il ne revendiquait plus publiquement que 8500 adhérents.
Le PCF est donc toujours, en dépit de la baisse de son nombre d’adhérents, l’une des toutes premières forces politiques en France, probablement le deuxième parti de France. C’est là une réalité factuelle et indéniable, qui traduit l’héritage du PCF de classe et de masse d’avant la mutation.

Le débat réduit à la question de la candidature présidentielle

Quatre textes étaient soumis au vote : la base commune du Conseil national, intitulée Un communisme de conquêtes, et trois textes alternatifs — Pour battre l’extrême droite et ouvrir l’espoir : Communistes à l’offensive, Stratégie Communiste : la lutte des classes comme boussole, le socialisme comme programme, et Résister et construire, une nouvelle page du communisme.

Au cœur des mois précédant le vote, la direction sortante avec Fabien Roussel a annoncé sa volonté d’être à nouveau candidate à l’élection présidentielle, et ce dès avant les décisions de congrès. Provoquant, avant même le congrès et un éventuel débat programmatique et de ligne, un fait accompli renvoyant au bilan de 2022. Une élection qui avait vu, du moins selon le seul principe de l’arithmétique, l’échec de la candidature Roussel permettre d’interdire à la candidature de Mélenchon de sortir Le Pen et le RN du second tour de la présidentielle. C’est sous ce prisme, que d’aucuns qualifieront de réducteur politiquement, que la question de la participation du PCF à la présidentielle 2027 sous une candidature propre a surdéterminé

l’ensemble du débat entre les quatre textes.

Le danger imminent de guerre mondiale, le rôle structurel fondamental de l’Union européenne du Capital dans cette marche à la guerre – en tant qu’alliance impérialiste, en tant que bloc militaire, en tant que moteur de la marche forcée à l’économie de guerre, et en tant qu’expansionnisme impérialiste confrontant la Russie sur ces frontières même. Les moteurs de la fascisation – et là encore la part décisive de cette superstructure capitaliste qui dans un même mouvement criminalise le communisme, active via la Confédération européenne des syndicats la liquidation des organisations syndicales de classe, et impulse via son dumping antisocial l’écrasement des travailleurs par une mise en concurrence effrénée des peuples à l’échelle mondiale – ne sont pas abordés. Ou lorsqu’ils le sont – par la base commune ou le texte Stratégie communiste – de façon secondaire. De fait, la question qui semble avoir focalisé l’attention des textes, c’est celle du pour ou contre la candidature Fabien Roussel.

La lecture des résumés de ces quatre textes illustre la place centrale de ces questions dans le débat, et l’effacement ou la minoration à l’extrême des questions politiques pouvant, en confrontant les superstructures du capitalisme, orienter et faire avancer la lutte des classes. À commencer par celle concernant l’Union européenne, qui établit pourtant 80% des lois s’appliquant en France et pour le 20% restant leur cadre, et pour 100% le cadre budgétaire des politiques publiques.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article