La PAUVRETÉ de masse : symptôme d’une crise de la cohésion sociale

par Pcf du Charolais (71)

La France riche en pauvreté
L’Insee vient de faire paraître au sujet de la pauvreté8 qui se stabilise, certes, mais à un haut niveau (15,4% de la population hors DOM et personnes pauvres vivant en communauté). Manifestement, la théorie du ruissellement est infirmée, si besoin était par, ces tristes résultats, signes d’une paupérisation persistante d’une large couche de la population. L’indicateur de l’Insee, il convient aussi de le noter est déjà bien peu reluisant, ne prend pas en compte les populations extra-marines, particulièrement touchées par la pauvreté (un tiers de la population aux Antilles, plus de la moitié en Guyane, plus d’un tiers à la Réunion et 77% à Mayotte).
Le seuil de pauvreté est fixé par convention à 60% du revenu médian de la population (le revenu médian est le niveau de revenu coupant en deux la population, la moitié a moins, l’autre moitié davantage). Ainsi pour fixer les idées, le seuil de pauvreté pour une personne seule s’élève à 1.337 €/mois de revenu disponible et 2.087 €/mois pour couple avec 2 enfants de moins de 14 ans. Enfin, l’intensité de la pauvreté mesure l’écart relatif entre le revenu médian de la population pauvre et le seuil de pauvreté (19,7% en 2024).
La définition de ce niveau de pauvreté reste certes contestable (pourquoi 60% ? pourquoi la référence à un salaire médian et non l’accessibilité à un panier de biens de première nécessité ? etc.), pour autant la permanence de cette définition permet des comparaisons temporelles et internationales. De cette manière, sous réserve de l’exclusion des DOM des statistiques, la France est dans la moyenne de l’Union européenne (mieux classée, la République tchèque avec moins de 10%, dernière, la Lituanie, 23%).
Le taux de pauvreté a connu le plus bas niveau en 2004 (12,4%) avant d’entamer une lente progression avec quelques embellies de courte durée pour aujourd’hui se fixer à 15%. A titre d’information, le taux de pauvreté s’élevait à 18% en 1970.
Sans surprise, la pauvreté frappe les chômeurs (taux de pauvreté = 36%) et les immigrés (33%) en particulier ceux issus de l’Afrique (40%). Les familles monoparentales (82% de femmes cheffe de famille) sont pour un tiers sous le seuil de pauvreté.
Enfin, parmi les actifs, si le taux de pauvreté des salariés est de 7%, il grimpe à 18,4% chez les indépendants, parmi lesquels bon nombre de travailleurs « ubérisés » (environ 600.000). Chez les « inactifs », 10% des retraités sont pauvres (apparemment, cela semble trop peu pour les gouvernements successifs, puisque c’est bien connu, les retraités sont plus riches que les salariés…). Mention doit être faite pour les autres « inactifs », dont les étudiants, d’un taux de pauvreté de près de 38%. La précarisation, tant dénoncée de la population étudiante, est une dure réalité.
Finalement, 10 millions de personnes vivent dans notre pays (hors DOM) sous le seuil de pauvreté, nombre considérable, jamais atteint depuis le milieu des années 90. Il faut rapprocher cette situation dégradée du débat budgétaire durant lequel nous avons vu les patrons exiger le maintien des exonérations de toutes sortes, les grandes fortunes menacer de se fixer ailleurs et les commentateurs se peiner des lourdes taxes pesant sur les « classes moyennes » (en fait les catégories socio-professionnelles supérieures).
La tendance au maintien d'une fraction importante de la population est souvent classée sous le registre des inégalités. Ce terme est cependant insuffisant. Il laisse à penser que la richesse de la société a d'abord été créée quelque part, puis distribuée inégalement par hasard. Nous partons d'une autre analyse: comment la richesse est-elle produite et qui a le pouvoir de se l'approprier ? Rappel : la classe ouvrière produit les biens et services de la société. Elle gère les usines, les transports, la santé, le commerce, la technologie et l'administration. Mais les moyens de production quant à eux appartiennent à la classe capitaliste qui, par cette propriété, s'approprie le fruit du travail des salariés. La concentration croissante des richesses n'est donc pas un accident survenu après la production. Elle découle des rapports capitalistes eux-mêmes. Par conséquent, la concentration des richesses ne peut être résolue simplement en demandant aux plus riches d'être plus généreux. La classe ouvrière doit s'attaquer aux rapports de propriété eux-mêmes. Tant qu'une minorité possédera les moyens de production, la richesse continuera de s'accumuler entre les mains d'une seule classe.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article