NATIONALISER ARCELOR MITTAL POUR QUOI FAIRE !
/image%2F1449569%2F20260711%2Fob_44e746_siderurgie.jpg)
Nationaliser pour mieux liquider ? Le projet insoumis pour la sidérurgie française
La nationalisation d’ArcelorMittal a été adoptée à l’Assemblée nationale grâce au vote des députés de gauche et à l’abstention des députés RN, à la faveur d’une « niche parlementaire » du groupe GDR où siègent les députés communistes. Les députés de gauche ont donc voté ensemble, mais les positions sont-elles les mêmes quant à l’avenir de la sidérurgie française ?
Voyons ce qu’il en est pour la force qui domine la gauche, La France insoumise. Son programme parle de « mesures antidumping » pour la sidérurgie. Soit, mais il faut bien répondre à la question : a-t-on besoin d’acier, et à quel niveau ? La réponse à cette question ne figure pas dans le programme de La France insoumise, qui ressemble un peu à un contrat d’assurance, où des points décisifs sont cachés ailleurs dans des annexes ou des codicilles. En l’occurrence, le codicille, c’est un document du département de planification écologique de l’organisme créé par LFI pour affiner son projet, ses propositions, l’Institut La Boétie, que préside Jean-Luc Mélenchon.
Dans cette note intitulée « Gouverner le système énergétique par les besoins » et destinée aux cadres et aux militants de LFI, il est préconisé de diviser par 2 la production française d’acier. Cet objectif de réduction drastique de la production est cohérent avec les propositions de planification contenues dans ce document, qui préconise notamment de construire moins de logements qu’actuellement, de produire moins de véhicules automobiles. Autant de débouchés en moins pour la production d’acier. Nationaliser pour diviser par 2 la production d’acier, cela rappellera aux anciens les nationalisations partielles ou complètes opérées sous Giscard et Mitterrand qui se sont soldées par la liquidation de la plus grande partie de la sidérurgie lorraine, faute de politique industrielle.
Quant au Parti communiste français, il considère qu’il y a besoin de construire plus de logements, de plus de moyens de transports, qu’il y a besoin de réindustrialiser le pays, en appui sur un mix électrique basé sur le nucléaire et les renouvelables. Et pour faire tout cela, qu’il y a besoin d’acier. S’il y a concordance avec LFI sur l’idée de nationaliser, l’objectif de la nationalisation pour les députés communistes est donc radicalement différent.
Il n’y a rien d’infamant à confronter publiquement ces positions respectives de LFI et du PCF. La tromperie, ce serait plutôt d’esquiver ce débat. Les sidérurgistes, les citoyens ont droit à la clarté, pour procéder en toute connaissance de cause aux choix démocratiques. Leur refuser ce droit, ce serait contraire à la volonté affichée par la gauche de faire progresser la démocratie, de considérer les travailleurs et les travailleuses comme des citoyens à part entière.
/image%2F1452842%2F20250107%2Fob_3da29c_5661.jpg)